Chantal, revendiquait haut et
fort le titre honorifique d'Infirmière de Secteur Psychiatrique.
25 années de sa vie, elle a
œuvré, par vent debout et vents de travers auprès des personnes en souffrance.
Elle est devenu naturellement
une des secrétaires de notre groupe de militants du soin. Bien plus que ça, elle
était notre amie.
Depuis son
départ, serpsy a reçu bon nombre de messages
Des plus
étonnants, comme celui d'Annie qui se rappelait que Chantal il y a 20 ans lui
avait donné un banc de bois
Des plus
émouvants, comme celui de Domi qui a jeté pour elle une rose dans le golf d' Ajaccio
et qui a regardé la rose partir au loin, longuement
Des plus
émouvants comme celui qui se remémore les balades en voiture avec Chantal et
son tom tom. Tom tom qu'elle se gardait bien d'écouter pour ne prendre que les
chemins de traverse.
Des plus drôles
comme celui d'IsAbelle qui nous rappelle nos jeux de mots. Jeu que nous nous
imposions avant chaque intervention. Obligation de placer dans nos plus beaux
discours des mots aussi improbables que "constellation transferentielle,
convention sémantique, rouler sous les aisselles, Marius les piles pour les
poules...." Jeux de mots auxquels Chantal se prêtait avec une réelle
gourmandise.
Des plus simples
qui envoient une pensée pour Elle, un mot de respect pour une grande
dame.
Des plus
militants qui se rappellent des coups de gueule salutaires, des coups d'espoir,
des moments de lutte
Des plus
tristes, des plus gris, des plus noirs
Celui d'Yves qui
se demande avec qui il va désormais échanger sur la psychiatrie et la liberté
Celui de
Catherine qui n'arrive plus à ré ouvrir son ordinateur après cette nouvelle.
Des plus forts
comme celui de Cilia qui se remémore combien Chantal a été importante pour
elle, trace indélébile dans ma mémoire dit elle.
Et puis aussi
des sans voix pour qui la douleur est indicible...
Ces sans voix
pour qui Chantal a dédié une partie importante de sa vie.
Quelle que soit
la dureté et la "folie" du monde extérieur, quel que soit le
découragement que nous inspire la société, quel que soit le doute que nous
inspire nos propres conduites, Chantal fait partie de ces êtres qui nous
permettent de continuer de vivre en restant humain, sans renier notre
appartenance, en revendiquant de pouvoir cultiver ce qu'il peut y avoir de plus
beau en nous.
Qui nous invitent à militer pour la vie.
En ce sens elle est et reste intemporelle, mais qu'est qu'il est dur
à imaginer de retrouver les lieux aussi virtuels soient ils, les espaces de
pensée que nous partagions.... sans elle.
Sur qu'elle nous a laissé au travers des ses textes, un tom-tom à sa manière
pour nous donner des pistes, pour ne pas s'égarer dans le labyrinthe de la
psychiatrie, pour qu'elle n'ait pas lutté pour rien.
Maintenant ce qui importe c'est que nous continuions a avancer sur ces sentiers
que nous partagions,… avec encore plus d'ardeur,… non pour la remplacer, mais
pour que ces choix partagés, cette militance d'amour et d'humanisme vive et
nous survive à notre tour comme nous nous emploierons a les faire vivre
maintenant qu'elle n'est plus là pour "mettre les mains dans le
cambouis"
… et qu'elle ne
peut plus agir que dans nos esprits à travers ce que nous continuerons d'elle.
Ce ne sont pas nos yeux qui
pleurent, c'est la pluie qui tombe....