Assises de la Psychiatrie
médico-sociale. Marseille, mai-juin 2007.
(Ce texte est dédié
au président de la République, ardent néodéfenseur de la « valeur travail », dont il a eu la
révélation sur le yacht de Vincent Bolloré…)
L’ÉVALUATION AU RISQUE DU DÉLIRE
PARANOIAQUE
Une
arme anti-humaniste de la pensée-Medef contre la Kulturarbeit,
pour
casser la solidarité au travail, et plus largement,
provoquer
la fin de tout lien social en le « psychologisant ».
La pratique de
l’évaluation de tout travail ou projet humain à dimension collective ou
publique bénéficiant de moyens financiers a toujours constitué un pré requis
éthique non discutable.
Un
devoir admis au nom de la responsabilité solidaire de l’action. Parce que si
nous n’avons pas de comptes à rendre, nous devons rendre compte de ce pour quoi
nous sommes payés, sans état d’âme particulier. Et notamment en vue d’améliorer
la qualité de notre production, qui est le vrai sens de la « démarche
qualité ».
Mais
aujourd’hui, nous assistons à la mort de cette pratique face au changement
radical du paradigme évaluatif, qui a quitté la sphère de l’action collective, pour entamer celle du
travail humain individuel,
solitaire, au nom de cette idéologie anti humaine de l’AUTONOMIE, et par
extension, en remplaçant sciemment les concepts sociologiques d’attitude,
pratique, conduite, par celui de comportement , mot valise dangereux d’une
certaine psychologie positiviste qui aime à puiser ses référents dans la
biologie.
On n’évalue plus un projet, le résultat d’un travail, ses effets, son impact ou
son efficacité, voire sa productivité et le profit qu’il génère, on évalue
désormais un acteur isolé,
fragilisé, ses attitudes, au nom de la responsabilisation, cela afin de le
contrôler en exerçant une forte pression MORALE, en le déshumanisant, le
désymbolisant, bref, en le coupant du procès collectif et de ses solidarités.
SELON
MOI, Il s’agit de la mise en place délibérée d’un protocole désubjectivant.
Car,
à trop l’utiliser, l’évaluation est devenue « une boursouflure sémantique
» vidée de son sens originel, selon la formule de Boris Cyrulnik. (Lire
« Le mésusage, essai sur l’hyper capitalisme ». P. Ariès, 2007).
Du
coup, on quitte l’engagement éthique, moral et déontologique pour entrer dans
un procès de domination bourdieusienne, fait de MOTS D’ORDRE, de soumission, de
biopouvoir : la punition foucaldienne est au bout de l’évaluation de
tout, tout le temps, dans cette société de la surveillance qui entre sous
nos yeux dans le monde de l’hyper contrôle.
Les
zévaluateurs (ou ceux qui s’autorisent à l’être) sont les zélites du moment de
cette nouvelle VIOLENCE sociale, et les zévalués (autre nom pour les
travailleurs) sont les dominés, les infantilisés, les RÉDUITS.
Ainsi
en va-t-il par exemple des deux « techniques » de surveillance et
d’inquiétude baptisées : BILAN de
COMPÉTENCES, et EPP (Évaluation des pratiques professionnelles des médecins inventée en 1999) qui produisent une
ambiance permanente de suspicion, et sont donc propices à la création de noyaux
pervers harcelants dans les structures de travail.
Évaluer ce qu’on nomme les compétences consiste toujours à les mettre en doute, à considérer a priori qu’elles ne
sont pas établies, et cela déstabilise (c’est bien son objectif) les certitudes
de la personne. Il s’agit toujours de mesurer l’adaptabilité, la compliance au
travail, la résilience au harcèlement.
Ce
contexte de méthodes patronales de mise en concurrence par la flexibilité ou
l’employabilité a été peu à peu étendu à toutes les sphères du travail humain,
du privé comme du public : par exemple, dans les hôpitaux et les
établissements médico-sociaux, grâce aux nombreuses lois de 2002/2004 et
2005...
Quant
aux médecins, ils sont censés avoir oublié leur formation, malgré le
travail constant de mise à jour des connaissances, et doivent prouver qu’ils sont aptes à continuer,
par tranches de cinq ans, leur métier.
L’EPP met en
doute la conscience professionnelle, confondue avec les compétences. C’est
une pratique perverse issue de l’industrie où c’est entre les dénommés
coéquipiers, les agents ou les opérateurs mis en concurrence que se joue
l’efficience productive. C’est une intolérable atteinte à la DIGNITÉ de chaque
humain, une vraie cassure dans le processus civilisationnel.
L’évaluation
préventive, consiste à stocker des informations à charge qui pourront SERVIR,
en cas de nécessité, à dégraisser ou délocaliser ; c’est faire des listes,
mettre les personnes derrière des GRILLES d’évaluation, les tester (surtester dit-on même chez Renault où
règne le mode d’organisation dit MATRICIEL…), les hiérarchiser en fonction de
leur adaptabilité et de leur bonne volonté à se soumettre au rituel mortifère du contrôle, des
classements, du COACHING, des sélections entre bons et mauvais, du FICHAGE
obsessionnel, voire de la délation,
c’est du pur capitalisme, que le sociologue Zigmunt BAUMAN baptise
« culture du rebut » et qui produit de plus en plus de « déchets
humains ». Ces fameux PRÉCAIRES…
Sous
l’influence de l’idéologie dominante du management néolibéral à la sauce du MEDEF,
les relations sociales dans le monde du travail, et plus généralement le
processus de Kulturarbeit sont en cours de changement violent, si bien évoqué
dans le beau film de Denis Arcand « Les invasions barbares ».
L’évaluation
en est l’outil managérial principal. Il est issu dans le champ sanitaire des
méthodes de l’EBM, cette médecine fondée sur des soi-disant preuves
scientifiques. Et ça passe ou ça casse. Mais parfois au bout, il y a le
suicide.
La
sociologue Nacira Guénif-Souilamas appelle ce phénomène « la domestication ». Trop évaluer
peut rendre fou quand cela devient harcèlement, acharnement, déclassement,
sanction, c’est une DÉ-VALUATION-DÉVALORISATION.
Car évaluer,
c’est inspecter, expertiser, vérifier, noter, jauger, juger, tester, questionner,
classer, repérer, contrôler, surveiller, estimer, extraire la valeur, comparer
avec des MOYENNES statistiques, avec des standards ou des normes.
Tout
ce fatras fin de punir tous ceux qui ne sont pas code barrés, CONFORMES.
C’est
chercher à créer des groupes homogènes de travailleurs, standardiser, ramener à
un fil conducteur, à un mot d’ordre hiérarchisé, à un guide de bonnes pratiques
ou conduites, à un modèle, à des référentiels. A de la mort.
C’est
jauger la PROFESSIONNALITÉ des
agents, cet autre concept de la novlangue du Medef, c’est-à-dire enlever du
métier tout ce qui est intuition, savoir, culture personnelle,
subjectivité, parole, rapports sociaux, sentiments, empirisme, tradition
transmise, pour le REMPLACER par les « valeurs d’entreprise », et
le réduire à une simple boîte à zoutils respectant à la lettre les référentiels
de savoir-faire mis aux point par les ZEXPERTS), dans des UNITÉS de travail où
les taches et les responsabilités sont parcellisées, individualisées à
l’extrême, dans le culte de la performance, des taches rendues TRANSPARENTES
jusqu’à provoquer ces « nouvelles PATHOLOGIES de l’individualisme »…
lorsqu’il y a de la « rébellion méthodologique » pour survivre à ce
harcèlement .
(Voir cahier N°75 des Cliniques
Méditerranéennes sur Les maladies du libéralisme).
Cette évaluation-là créé une
nouvelle clinique psychopathologique du travail qu’a bien bien cernée Christophe DEJOURS, Yves CLOT ou
Denis DUCLOS, J.A. Miller,
Elisabeth Roudinesco et tant d’autres qu’on ne lit pas assez.
C’est
devenu une pratique thanatocrate. Il n’y a plus de sujets, mais des
exemplaires, des monotypes bâtis sur le même modèle théorique. Le mésusage
maniaque et malveillant de l’évaluation
a détruit son capital symbolique de juste dette, au profit d’une routine de
capital-peur et de menace : la
gestion mortelle par le stress de la concurrence, si clairement théorisée (et
appliquée chez Renault) par Carlos GHOSN, son PDG prédateur.
Gouverner
par la peur
est un ouvrage collectif paru en 2007 chez Fayard, qui montre comment la
POLITIQUE DE LA PEUR (et ses salaires de la peur) importée des USA, est devenue
l’outil « corporate » du patronat, étendu depuis aux administrations
publiques.
L’insécurité
et la menace de chômage en sont les moyens pervers, et disons-le en pesant les
mots, fascisants et déshumanisés,
pour tenir les salariés, et si possible les rendre complices de leur aliénation
au nom de l’esprit de la boîte qui les exploite, et les rejette sans état d’âme
autre que l’intérêt des (ré)actionnaires. C’est un aspect possible, selon moi,
du syndrome de Stockholm.
L’évaluation
ancienne donnait en retour fierté et
estime collectives au groupe.
Elle
s’est rabougrie en une fonction infantile de mise en concurrence des
équipiers : la montée d’adrénaline améliorerait la productivité :
c’est la théorie patronale et comportementale perverse du « bon
stress ».
Cette
angoisse du contrôle apparaît dès 1836 dans la pièce de GOGOL, le REVIZOR, où
la menace de l’arrivée dans la petite commune lointaine russe d’un bureaucrate
enquêteur venu de Moscou, menaçait les routines, créait un psycho-drame
burlesque.
Aujourd’hui,
l’évaluation permanente comme moyen opératoire
de contrôle des actes du technicien et d’emprise sur son comportement a créé
une véritable PANIQUE MORALE, et a pu contribuer à pousser au suicide plusieurs
techniciens de Renault Guyancourt. Et de bien d’autres entreprises dont on ne
parlait pas, car ces effondrements narcissiques sont vécus comme une HONTE dans
des lieux où la « virilité ouvrière » était la règle.
Isabelle BÉAL
s’est suicidée à 41 ans en avril à Saint-Priest, en laissant un mot :
« Trop de pression au travail ».
Son employeur était la SODEXHO.
Le
Collectif des Médecins du travail de Bourg-en-Bresse a publié un rapport
décennal d’observations et donné l’alerte « pour en finir avec le travail dégradé et ses conséquences sur la santé
ET LA COHÉSION SOCIALE ».
Le
rapport évoque une détérioration physique et MENTALE des salariés.
« La situation de la France est
HONTEUSE : si on ne freine pas les logiques de profit et les logiques
GESTIONNAIRES EXCESSIVES, toutes les préventions et précautions ne pourront
être qu’inefficaces… Nous n’en sommes plus au principe de précaution, mais à
l’ALERTE MAXIMALE, tant la dégradation de la santé est intense ».
On
estime en effet, qu’il y a un suicide au travail par jour en France.
Depuis
l’époque du productivisme fou de l’économie japonaise, le « karoshi » s’est développé (la mort
par épuisement cardiaque au travail de sujets jeunes sans antécédents
médicaux).
Le suicide, de
plus en plus répandu, semble lui succéder, qui touche désormais beaucoup de
milieux professionnels : les prisons, la police soumise à la culture
sarkozyenne des bâtonnets, l’enseignement (où ce sont désormais les enfants des
maternelles qui ouvrent le bal avec leur « carnet d’évaluation
comportementale », l’hôpitalentreprise, ses pénuries humaines et sa
nouvelle gouvernance, la sous-traitance dans la chimie, l’ANPE en voie de
privatisation, les tribunaux d’instance, la restauration rapide, La Poste, les
hypersurfaces avec les « qualitests »
pour piéger les caissières, IBM France qui pratique le « forced ranking », cette notation
forcée qui fixe des quotas de licenciés A L’AVANCE , les médecins
généralistes de plus en plus touchés (le Vaucluse a ainsi perdu cinq
généralistes et trois psychiatres en dix ans), mais on n’en parle pas, car ce
serait trop angoissant pour les patients, mais aussi les visiteurs médicaux,
des délégués syndicaux exposés à la double vindicte des patrons et des salariés
ne sachant plus à quel saint se vouer, les sous-traitants du nucléaire
(Chinon), et maintenant les entreprises autrefois les mieux organisées
syndicalement comme les ex-bastions ouvriers Renault et PSA.
Cette
multiplication révèle en outre le visage obscène de l’assurance-maladie qui
tergiverse pour les prendre en compte comme « accidents du travail »,
petites économies obligent, et du patronat qui n’y voit que des drames
« privés » (de sens ?) pour s’en laver les mains. On appelle
cela « barbarie douce ». Douce vraiment ?
Alors
qu’ils plaident hypocritement pour le mythe éculé d’une « démarche
qualité-sécurité », en réalité, les DRH ne jurent que par le quantitatif,
et la double tarification hospitalière en est l’exemple flagrant. Du chiffre,
de l’efficacité, du rendement, et peu importe la réaction de la variable
d’ajustement que constitue désormais le capital humain et ses salaires
dérisoires, dans une époque de surexploitation au travail qui rend
tragi-comique le slogan sarkozyen de « tout
pour le travail »…
Nous
sommes dans une « société de compétition » sans éthique ni états
d’âme : seuls le pragmaticisme à l’américaine et l’efficience comptent.
Pas la cohésion sociale. Il s’agit bien de
totalitarisme gestionnaire, d’une menace considérable contre la DIGNITÉ des
salariés et le sens de leur travail.
Partout, le
moyen de gestion utilisé repose sur la FOLIE ÉVALUATIVE, jusqu’-au délire
paranoïaque, hors de toute finalité productive, comme moyen d’emprise totale
sur les individus qui ne sont plus des personnes ni des sujets. Elle rend
chacun transparent, ce fantasme de tout dirigeant néolibéral, qui permet
la fin de l’intime, du secret (comme avec les nouveaux dossiers médicaux
personnels). Mais la transparence incestuelle rend fou. Elle pousse à tricher,
à ruser, à détourner l’évaluation, et prépare la société d’Orwell. Celle des
personnes réduites à des éléments identiques dans les masses de manœuvre des
dictatures, comme Hanna ARENDT l’a si bien montré dans « Les origines du
totalitarisme ».
Tout
cela peut vous sembler à juste titre EXCESSIF, et vous avez le droit de
réfuter cette position.
Mais
mon intention est d’alerter, de faire prendre conscience de l’irréversibilité de ces processus de
biopouvoir, si on ne les rejette pas collectivement dans une certaine
urgence.
Dans cet
anti-humanisme de l’ère néolibérale, la personne se réduit à sa contribution à
la production de « valeur » pour les actionnaires. Elle est
devenue marchandise à son tour, réifiée (selon
la formule d’Axel HONNETH) et corvéable à merci, jusqu’à la mort… mise en
compétition avec ses collègues (c’est la suprématie du droit à la concurrence
européen, une des raisons du rejet
français de la constitution européenne).
Le
credo patronal contagieux de l’évaluation, casse
toute transmission de
savoir-faire, tout héritage ouvrier, (ce phénomène étant amplifié dans tous les
plans sociaux par l’éjection prioritaire des plus âgés, ceux qui pourraient
justement former des jeunes, et portent les valeurs solidaires historiques,
l’histoire des luttes, des résistances et des traditions culturelles de la
classe ouvrière), les valeurs collectives issues du Front Populaire puis de la
Libération s’effaçant au profit de la « liberté » de chacun de faire
fortune (le fameux « travailler plus
pour gagner plus », un mensonge économique). Exaltation du chacun pour
soi, tous inégaux, aux salaires personnalisés, primés au « mérite »,
comme demain pour les médecins hospitaliers.
Mais, nous
sommes en plein dans l’idéologie.
Soumettez-vous au non-sens du travail fragmenté tel qu’on vous l’impose
désormais, ou partez par licenciement de consentement soi-disant mutuel (comme
l’a inventé l’ineffable Madame Parisot avec son concept novlangue de
SÉPARABILITÉ), ce fameux « gagnant gagnant » repris par Sarkozy,
L’évaluation
est devenue une arme d’extermination lente (par l’individualisation, la perte
du sens de ce qu’on fait, du sentiment d’utilité) et l’invention géniale du télétravail et du renvoi à domicile, fait
partie de cet attirail d’isolement et de dépendance au nom de la
« liberté »… sans aucun contre-pouvoir.
Elle
est désormais un monstre issu du
croisement incestueux des méthodes de gestion corporate du patronat, ce « maternalisme » analysé par le
philosophe Ruwen OGIEN qui a étudié
cette manie des néolibéraux de transformer
les faits sociaux en phénomènes psychologiques statistiquables, et des
techniques de rééducation comportementales des universités anglo-saxonnes.
Elle
produit un pouvoir ABSOLU non plus seulement technique, mais ontologique, donc
POLITIQUE sur les zévalués, et place les ZÉVALTUEURS en position de contrôle
TOTAL sur le travail, sur la vie et les attitudes des salariés du privé comme
du PUBLIC. Il n’y a plus de sanctuaires, et nous ne pouvons que constater que
cette méthode est l’antichambre d’un vrai totalitarisme par le retour des
valeurs du XIXè.
Il
est vital de la refuser, de s’y opposer par tous les moyens. Car, en jugeant non plus l’action
collective, mais l’acteur individualisé, elle détruit les derniers liens
sociaux, et tout processus de KULTURARBEIT. Elle introduit une logique de
désubjectivation qui ramène l’humain à des normes. Il faut donc évaluer les
évaluateurs, comme le proposait BOURDIEU. Les angoisser à leur tour.
On
ne peut éviter de proposer comme image ANALOGIQUE, une citation d’Hannah
ARENDT, issue des « Origines du totalitarisme » :
--La scientificité de la propagande de masses
est d’un usage tellement universel dans la politique moderne, qu’on l’a
interprétée comme un signe plus général de cette obsession de la science qui caractérise
le monde occidental … Ainsi, le totalitarisme semble n’être que la dernière
étape d’un processus en vertu duquel « la science est devenue une idole
qui guérira magiquement les maux de l’existence et transformera la nature de
l’homme ».
Or,
l’évaluation a bien cette prétention scientifique.
Ne
laissons pas dissoudre la culture dans le biologique, comme toute politique de
contrôle des comportements le prépare.
Et pour conclure sur une note de
dignité, cette citation :
Le
mot résister doit toujours se conjuguer au présent . Lucie AUBRAC, décédée
il y a quelques mois après avoir vécu debout. Le 8 mai, à Cayenne, une personne
qui portait un calicot avec cette phrase a été interpellée. Ca promet…
Jean-Jacques
Lottin.
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue.
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ANNEXE :
motion de l’USP sur l’EPP à son Congrès d’Angers. Mars 2007.
L’USP exprime
sa vive inquiétude face à la mise en place de l’EPP s’intégrant dans une FMC (formatage médical continu),
conditionnant les praticiens au comportementalisme et au scientisme dominants.
Le caractère obligatoire de l’EPP, le recours à des organismes agréés, les
revues de pertinence, les experts extérieurs autoproclamés, ainsi que la
présence hypocrite des laboratoires pharmaceutiques, et la mise en avant des
sanctions possibles allant jusqu’à l’interdiction d’exercer, aboutissent à
l’uniformisation des pratiques et à l’infantilisation des praticiens.
Nous proposons
pour les PH que chaque établissement à travers la sous-commission de la FMC de
la CME puisse élaborer ses propres critères d’évaluation fondés sur les
pratiques locales effectives entre pairs.
PS : pour
juger par vous-mêmes, reportez-vous aux textes
--Circulaire
n° 2002-24 du 31 janvier 2002. Plan d’action pour les enfants atteints d’un
trouble spécifique du langage oral ou écrit.
--La
santé des élèves : programme quinquennal de prévention et d’éducation,
Circulaire n° 003-210 du 1.12.2003.