« Ceci n’est pas de la violence »

 

La violence nest pas un concept psychiatrique, et pourtant on ne cesse den parler, de vouloir sen protéger en enfermant, isolant, attachant, sédatant des patients de moins en moins écoutés. La violence avec la charge affective quelle contient, de plus en plus forte dans une société du moindre risque et du contrôle, nous interdit de penser et érode notre
capacité à contenir psychiquement des sujets également victimes d
une certaine violence sociale. La psychiatrie pense autour des pulsions agressives, de la violence fondamentale, des états et des crises dagitation, des troubles plus ou moins graves du comportement qui renvoient à des réalités cliniques singulières.

 

Le malade mental serait-il devenu plus dangereux quil faille rouvrir des
unités d
agités que nos prédécesseurs avaient su fermer ? La violence qui
fait peur s
aggrave-t-elle de facteurs contextuels, qu’ils soient liés aux individus ou à une  organisation sociale qui affirme que le sécuritarisme, la normalisation, les licenciements ne constituent pas des formes de violence aussi destructrices que les violences individuelles ?

La stigmatisation des personnes qui souffrent de schizophrénie, qui fait de chacune delles un meurtrier potentiel, ne doit-elle pas être considérée comme une violence ? Ces protocoles qui transforment la pensée du soin en un automatisme mental, le repérage abusif de tout acte aux dépens du sens,
les évaluations ritualisées, la schématisation des rapports
humains que tout cela provoque, ne fabriquent-ils pas aussi de la violence ?
L
utilisation des chambres disolement en routine, la multiplication des
contentions mécaniques, n
est-ce pas aussi de la violence ?

 

Que dire de cette violence qui engendre langoisse, qui engendre en miroir le « combat contre la violence » ? Ne faut-il pas sen décaler radicalement, apprendre et réapprendre à accueillir la souffrance quelle que soit la façon dont elle se manifeste ? Ne faut-il pas découvrir et redécouvrir aussi les entretiens informels, les petits riens qui font le soin, emprunter les chemins de traverse des médiations, pour percevoir ce que chaque être a de singulier, et ce quil peut en dire ? Cultiver la relation, élaborer la clinique au sein de collectifs, échanger et partager au sein de réseaux et transmettre : quelques conditions nécessaires pour inventer et réinventer une pratique citoyenne de la psychiatrie ?

Venez en discuter avec nous aux prochaines journées de lAFREPSHA les 17 et 18 Mars 2011 à GAP.

Pour s’inscrire, envoyer un e-mail à : afrepsha@free.fr