ASCISM

ASSOCIATION
des
CADRES et INFIRMIERS
EN SANTE MENTALE
Je relève en urgence tout de suite la nécessité du trium viro-mulierat (médical, personnel, finances) à la tête de l'hôpital, à la réserve près que le personnel n'est pas qu'infirmier (S. PARIZOT) et que sa diversité doit nous sortir de l'uniforme et des directeurs de soins ( fourre-tout=pouvoir anti-médical)
Je subodore que les états généraux tiendront plutôt du flan prédigéré et seront utilisés utilisés par Mattei pour décloisonner et tout "mélanger" au seul profit du coup d'oeil du GESTIONNAIRE très libéral, seul garant (dérisoire) de la dérive budgétaire, comme s'il n'y avait pas de raisons politiques à cette situation de glissement vers le trou danaïdique...
Les travaux pratiques, c'est ce qu'il y a de mieux, j'explique: Corbeil, Evry, 2 hôpitaux à 6 kms en Ile de France et âgés de 23 ans, déjà vieux? 750 lits de MCO, 1 sect infantoju et 4 sect géné, rivalités, querelles de clochers et défaut de complémentarité, bref, l'ARH décide la fusion des 2 hostos et le site unique se profile dans les 7 ans entre les 2 villes avec association au génopôle et postes de PHPU à la clef. Bagarres d'élus et devenir des 2 "anciens" sites en prime .
La psy là-dedans? Sous-équipée (normes nationales) puisqu'en H.G., rien à redéployer.
L'ARH? comme d'hab, faible avec les forts (gros CHS + syndicats franciliens) et forte avec les faibles (les post-bonnaféens, vous serez amenés à rescipicence! etc.), débarque dans le magasin de porcelaine d'un CDSM très investi par les soignants et l'administration de la DDASS et des établissements de l'Essonne qui ont réellement coécrit en partenaires le schéma départemental (ce n'est pas le cas partout, loin s'en faut).
A part la nécessité de mettre enfin en place l'hospitalisation "adultes", rien et surtout rien pour la pédopsy à part une mini UAFT en 86. Les héritiers de l'implantation préalable restent pauvres...
Donc devant une telle impasse de propositions de financement, l'hôpital fusionné demande la médiation de la mission nationale d'appui en santé mentale, MNASM : des provinciaux viendront visiter des "parisiens" (la grande couronne agitée n'est pas Paris)
Long et fructueux travail, les yeux dans les yeux, pas de barratin, collègue etc. Texte et propositions financières, classement des priorités, tout quoi! On sait où on va...
Et bien non refaites votre copie, vous comprenez, les gens de l'administration changent alors il faut réexpliquer réécrire, faites nous un projet réellement hospitalier dit le MISP, je résume, vous connaissez la chanson. Pour la référence hospitalière, notons que les psy viennent d'être mis à la porte du bureau de la nouvelle CME, on ne se sent pas vraiment portés, faire reconnaître le temps investi face au scanner, faut voir! Bien que l'ARH ait juré qu'elle honnorerait le contrat proposé par la MNASM, ses 2 têtes s'en vont 1au conseil d'Etat, l'autre à la centrale, va falloir réexplique aux nouveaux arrivants. L'argent public se raréfie, les délais s'étirent et la population, elle, elle attend les réponses. Malmenés par le système, nous demandons sa transformation.
L'usine à gaz hospitalière produit des échelons gestionnaires et des lenteurs, OK! On veut que le corps médical soit considéré pour la référence incontournable qu'il représente, qu'il ne soit plus soumis aux dictats de directeurs qui ont réussi à bouffer toute la place avec la technostructure dans le dispositif sanitaire.
Nous demandons une redistribution des rôles et place où le référent médical soit premier. Imagine-t-on un hôpital sans médecins? (j'imagine plus facilement un hôpital sans directeur administratif, c'est plus rentable et plus court de former un praticien expérimenté comme directeur. Les directeurs n'ont pas le costard à la mesure de leur emploi, ça peut être davastateur.)
Mattei plie devant les sirènes paramédicales, il commet une grossière erreur, il doit restaurer l'avis et la réfrence médicale dans la vie sanitaire: je précise ici que la place du soignant hippocratique doit primer sur celle du prestataire de santé publique ou du contrôle médical.
Je ne crois pas à Montpellier formaté, les dés sont pipés, la militance est évaporée et les générations médicales sortantes sont ou gavées ou fatiguées, elles n'ont que peu su se donner des successeurs qui leur ressemblent quand elles étaient jeunes et à qui elles aient su transmettre des valeurs humanistes devant le raz de marée tecnhno!
Le balancier revient vers les positions hospitalocentrique, le réseau, pour ne pas l'appeler secteur (blague!) va être cassé par les technos Mattei, voyez vos syndicats...
Ceci dit, plus de trente ans de boulot après, je me sens d'attaque pour continuer à transmettre et à subvertir, vous n'aurez pas de dessins ce coup-ci.
Je préfère entrer en résistance, il m'étonnerait que je sois seul, salut!
Pierre Sadoul
* pour info:LES DOSSIERS DU CANARD (avril 2003)
Entre l'intérêt général et leurs intérêts particuliers, les élus font souvent preuve de duplicité quand il s'agit de l'hôpital du cru.
Entre leurs discours sur le bien public à l'Assemblée " Il faut recomposer le parc hospitalier "et leur attitude dans leur fief local " Touche pas à mon hôpital !! " -, les élus ont souvent un double langage dont les ARH font les frais. Utile quand la décision d'une agence est réellement contestable, l'intervention des politiques peut, a contrario, remettre en cause des positions logiques. Mars 2001 : l'ARH Ile-de-France décide de fermer, d'ici l'été, les services de néonatologie et de chirurgie de Saint-Michel, hôpital privé à but non lucratif situé dans le XVème arrondissement parisien. Mauvais timing: les municipales approchent et les politiques, toutes tendances confondues, sortent le grand jeu: la disparition programmée de cet hôpital de proximité leur fend le cœur... La socialiste Anne Hidalgo, les RPR Balladur et Galy-Dejean,la communiste Nicole Borvo : tous manifestent dans la rue aux côtés des médecins et des habitants du quartier.
19juin 2001: l'ARH réunit sa commission exécutive, instance regroupant des représentants de la DDASS et de l'assurance maladie. " On ne ferme plus! ", lance Dominique Coudreau, le fort en gueule alors patron de l'agence. Devant l'assistance médusée, il agite une lettre signée par Bernard Kouchner, encore secrétaire d'Etat à la Santé, qui l'enjoint de tout arrêter. Une collègue lui a demandé quelle était la valeur juridique de cette lettre, raconte un témoin de la scène. Ça l'a fait bien fait marrer, Coudreau : "Mais, madame, quand un ministre m'écrit, je ne me pose même pas la question !" Il aurait pu passer outre, mais on l'aurait viré...I!
S'il se refuse à évoquer des cas précis, l'intéressé ne nie pas l'existence de pressions, mais, assure-t-il, " on a une bonne capacité à contourner l'obstacle !. Pas à Saint-Michel en tout cas : le projet dort toujours dans les cartons.
Les coalitions d'élus sont toujours efficaces. Il en est même de très hardies.
Quand Hollande et Bernadette Chirac partagent les petits-fours
Ainsi en Corrèze, François Hollande, maire de Tulle, et Bernadette Chirac, conseillère générale, défendent leurs hôpitaux main dans la main.
Le 12 décembre 2002, tous deux inauguraient un service pour prématurés à l'hôpital de Tulle. Une unité née " au forceps ", selon un médecin, sous l'influence de Hollande et financée pour moitié par la Fondation Hôpitaux de France de Bernadette. Petits fours et découpage de ruban : à l'heure des réjouissances, Hollande et Bernie auraient dû être ravis. Eh bien, pas du tout. Ils étaient même très en colère contre un méchant rapport pondu par la DDASS pour l' ARH .Son auteur -inconscient ou suicidaire, sans aucun doute... -remettait en cause les gardes de chirurgie de nuit et de week-end à Tulle, pour les regrouper à Brive. Une heure avant ladite inauguration, Hollande et Bernadette réunissaient d'urgence les syndicats et le directeur de l' ARH pour reúmettre les pendules à l'heure!
Au sortir de la réunion, la fermeture était oubliée et remplacée par un projet de répartition des gardes entre Tulle et Ussel, l'un des fiefs du couple Chirac... " Cela fait des années que l'ARH essaie de restructurer les activités de Tulle avec Brive, qui est plus dynamique démographiquement, explique un médecin du cru.
Paris, la Corrèze, le Poitou, des chasses bien gardées
C'est logique, puisque ce sont deux hôpitaux complets situés à 30 km l'un de l'autre. On a créé un syndicat inter hospitalier, mais ce n'est qu'un habillage admiúnistratif pour que rien ne change... !
En 1998 déjà, le plan périnatalité, qui prévoyait la fermeture des établissements réalisant moins de 300 accouchements par an, avait directement menacé la maternité d'Ussel. Super-Bernie était montée au créneau. L'hôpital avait finalement obtenu une dérogation (( pour des raisons d'éloignement géographique et des considérations d'aménagement du territoire', précisait, sans rire, le ministère dans son " Atlas 2000 de la recomposition hospitalière ".
Certaines chasses sont ainsi bien gardées: Paris, la Corrèze ou encore le Poitou. .. " C'était déjà le cas avant Raffarin, explique un élu UMP. Le directeur de l'ARH a été choisi par Monory lui-même. Tout se passe en famille! " L'hôpital de Loudun a encore un bloc de chirurgie et une garde de nuit, tout comme les hôpitaux voisins de Bressuire et de Thouars, explique un praticien. C'est ce qu'on appelle une redondance de moyens. Ailleurs, on aurait sans doute organisé une seule garde de nuit, mais là. .
Les ARH gagneraient sûrement du temps en étudiant la carte électorale avant la carte hospitalière. .
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Quand elles échappent aux pressions, les ARH ne prennent pas de gants pour imposer les leurs.
" L'ADMINISTRATION sanitaire nous a mis la pression, témoigne ce chef des urgences du Sud-Ouest. J'ai dû travailler seul vingt-sept mois d'affilée, car elle ne nous permettait pas d'embaucher un médecin bien que le poste soit vacant. Elle voulait me pousser à la faute. A la moindre erreur, elle me flinguait. Efficace. Le médecin a craqué avant la faute et le service a fermé.
Asphyxie budgétaire, postes bloqués, harcèlement, licenciement abusif, tous les coups sont permis pour fermer un service ou un hôpital, surtout quand il est protégé bec et ongles par sa population. Pour régler leur sort aux structures à faible activité sans trop se mouiller, les autorités sanitaires misent sur la stratégie du pourrissement. Une lente mise à mort dont le procédé était déjà esquissé en 1994 dans un rapport de synthèse sur les hôpitaux de l'Inspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale des finances. A l'époque l'objectif était de fermer 47 700 lits. Dans un paragraphe sur les mesures dissuasives Il préconisées pour " faciliter les restructurations " , ce texte prône pêle-mêle : la non-publication de postes, le gel des concours administratifs et techniques, les refus d'autorisation d'une activité, d'un équipement ou d'un investissement !I. Depuis la création, deux ans plus tard par Juppé, des Agences régionales d'hospitalisation (ARH), les directives ne sont plus nationales, mais, comme il reste toujours 28 600 lits à supprimer et que 51 hôpitaux seulement ont effectivement été fermés sur les 1 031 établissements publics, les bonnes vieilles méthodes font toujours leurs preuves.
Par manque de courage, on attaque les maillons faibles
A La Réole (Gironde), où chirurgie et urgences sont menacées, deux postes à pourvoir- un d'anesthésiste depuis 1999 et un autre de chirurgien depuis 1993- n'ont fait l'objet d'aucune publicité, ce qui empêche évidemment tout recrutement. Quant aux budgets, ils sont régulièrement amputés depuis cinq ans. " Nous sommes dans le rouge, soupire le maire, Bernard Castagnet. Ce qui nous oblige à retarder le paiement des primes de fin d'année. Du coup, nous avons le personnel sur le dos. A Sainte-Foy-Ia-Grande" à quelques kilomètres de là, l'hisútoire se répète. " Pendant un an et demi, nous avons tourné avec des anesthésistes remplaçants faute de publication de poste, explique Philippe Collas, président du comité de soutien des usagers. Cela a coûté une fortune à l'hôúpital, alors qu'il subit sans cesse des coupes budgétaires. Un étranglement financier qui empêche également l'entretien des équipements. " Si les petits hôpitaux sont devenus dangereux, proclame Casimir Muszynski, président de la Fédération nationale des maternités et hôpitaux publics de proximité, c'est d'abord parce que l'administration a coupé les moyens techniques et financiers.
Autre procédé des ARH pour déstabiliser l'adversaire: les fausses promesses. De quoi calmer les velléités de résistance. En décembre 2001, au temps fort de notre mobilisation, la directrice de l A R H a signé une autorisation de fonctionner pour cinq ans, raconte Bernadette Pignot, sage-femme du comité de soutien à l'hôpital de Paimpol, en Bretagne, dont la maternité est sur la sellette. Quatre mois plus tard, elle nous annonce la fermeture du service. Le pire, c'est qu'elle nous a avoué qu'au moment de la signature de l'autorisation elle avait déjà pris cette décision. Certaines ARH n'hésitent pas à employer des moyens radicaux: harcèlement et démotivation des soignants et des candidats aux postes vacants. Le rapport de synthèse de 1994 conseillait d' accélérer les procédures disciplinaires des praticiens hospitaliers incompétents ou dangereux. Un mot d'ordre qui laisse libre cours à l'interprétation pour pousser un praticien à la faute et au départ.
Pourtant, les ARH n'ont pas besoin d'user de tels procédés. Le Code de la santé publique leur confère pouvoir de vie et de mort sur les structures. Mais sur le terrain il leur manque juste assez de cran pour affronter l'ire de la population et la pression des élus. Il faut du courage pour transformer ou reconvertir un hôpital, explique le professeur Huguier, de l'hôpital Tenon à Paris. Et comme les ARH en manquent face aux élus et aux protestations, elles s'attaquent aux maillons les plus faibles après avoir contribué à les affaiblir. .