COMPTE RENDU DE MISSION
                                    GROUPE DE TRAVAIL MINISTERE.
 
                                        L’ASCISM a participé,  de juin 2002 à janvier 2004, à un groupe de travail de la D.G.S.(Direction Générale de la Santé- Bureau de la santé mentale) relatif à la formation des infirmiers en psychiatrie. Ce groupe trouve son origine ; d’une part, dans le plan santé mentale de novembre 2001, qui insiste sur la nécessité de favoriser l’évolution du rôle des intervenants en santé mentale ; et d’autre part, dans une préconisation du rapport d’Avril 2002 relatif à “ L’évolution des métiers en santé mentale ”. Ce groupe a eu pour mission de déterminer, en complément du diplôme d ’état d’infirmier, tous les acquis nécessaires pour exercer dans ce domaine. Il devait émettre des propositions techniques et n’avait aucune possibilité de négociation d’ordre statutaire.
                                            Ce groupe a été piloté par Mme Nathalie  CUVELLIER, puis, à partir de mars  2003, par Mme Fabienne DEBAUX, qui se sont succédées au poste de chef du bureau santé mentale. IL était composé de professionnels issus des organisations syndicales : CGT, CFDT, FO, SUD, CGC, CFTC, UNSA, SNCH ; un psychiatre représentant l’exercice en CHS, un psychiatre représentant l’exercice en CHG, un représentant de la conférence des présidents de CME ; des représentants des organismes de formation, CEFIEC et ANFH ; des associations d’usagers, FNAPSY et UNAFAM, des associations de professionnels CEFI PSY et ASCISM.
 
                                            Les besoins de formation complémentaire pour l’exercice en psychiatrie et en santé mentale ont alimenté un long et difficile débat que l’on peut tenter de résumer en trois positions distinctes :
        - La formation initiale est suffisante pour  l’exercice en psychiatrie, elle sera complétée, si nécessaire, par un parcours en formation continue. (position CFDT…)
        - La formation initiale et polyvalente est insuffisante, elle doit être modifiée dans le sens d’un retour à une formation spécifique ou d’une formation dite en Y, avec un tronc commun et une dernière partie spécifique. (position CGT, FO, SUD…)
          - La formation initiale polyvalente valorise toute la profession, mais il est indispensable de mettre en place une formation complémentaire, diplômant et qualifiante, organisée selon les normes européennes, de type spécialisation. (position ASCISM,CEFI PSY..)
                                    [  Il est à noter que ces différences apparaîtront, dans toute leur intensité, lors des débats sur la formation des Etats Généraux de la Psychiatrie, en juin 2003, à Montpellier.]
                                          Le groupe a aussi rendu compte de nombreuses expériences de mises en place de formation d’adaptation à l’emploi, dans différents hôpitaux ; proposant des programmes variables, au niveau des contenus et des durées d’enseignements.
                                            Tenant compte de ces différences dans l’abord de la question de la formation complémentaire ; le groupe a examiné  la mise en œuvre du volet psychiatrie et santé mentale de la formation initiale. Il a  reconnu l’existence de disparités, selon les IFSI ; et une enquête, réalisée en 2002 par la DGS, a permis de dresser un état des lieux. L’analyse de cette enquête a permis l’élaboration de la circulaire DGS/DHOS n°2003/366 du 10 juillet 2003 qui préconise une homogénéisation des  programmes pédagogiques, une réorganisation des modules santé publique, sciences humaines, psychiatrie ; ainsi que le recrutement de responsables pédagogiques issus de la discipline.
                                      On peut considérer cette circulaire comme positive puisqu’elle réaffirme le bien fondé de l’enseignement d’un abord relationnel pour tous les soignants ainsi que la compétence pédagogique des infirmiers de secteur psychiatrique.
                                      Cette circulaire devrait être complétée par l’organisation, courant 2004, d’une journée de rencontre nationale, avec les IFSI, les DSI  et les conseillers pédagogiques.
 
                                    Concernant la formation complémentaire, et devant l’opposition d’une part importante des participants de penser une formation expertale, de type spécialisation ; l’ASCISM, ainsi que le CEFI PSY et la conférence des présidents de CME, acceptent, par défaut, de travailler à la mise en place d’une formation d’adaptation à l’emploi, appliquée au niveau national. De plus, dans la perspective des différentes réformes à venir ( première année commune des professions paramédicales, inscription des études de soins infirmiers dans le système universitaire Licence- Master- Doctorat), il nous a paru cohérent de valider la nécessité d’une formation complémentaire, même à minima. Ceci ne diminue en rien notre détermination d’obtenir, à terme, une formation expertale, peut-être dans le cadre d’un Master.
                                    L’ASCISM, toujours en collaboration avec le CEFI PSY, a fait des propositions (plutôt bien reçues)en terme de contenus de formation et de méthodes d’application, tant au niveau de l’organisation que de la pédagogie. Nous en avons profité pour construire, aussi, un projet de formation en un an et 1500 h qui pourra servir un jour.
                                    Nous avons donc validé les propositions suivantes :
·              Création d’une formation d’adaptation à l’emploi, considérée comme une solution médiane et transitoire
·                140h, programme national, proposées à tous les infirmiers débutants un exercice en santé mentale et en psychiatrie ( environ 3000 par an)
·              Formation en alternance, pendant la première année de prise de fonction.
·              Principe de pédagogie active, partage d’expériences cliniques, logique de transmission de savoirs.
·              Privilégier,  pour la mise en œuvre, des professionnels de terrain
·              L’ANFH aura à construire le cahier des charges, et à sélectionner les organismes de formation.
                        Concernant le financement, un accord de principe, donne la possibilité d’inscrire cette formation dans les axes prioritaires, proposés par les établissements de santé, via le vecteur de l’ANFH. Cette formation pourrait être effective  pour 2005.
Cette proposition devrait être prochainement faite au ministère et il ne nous restera plus qu’à attendre la réponse des politiques.
 
                          En conclusion, notons que l’ASCISM demeure un interlocuteur écouté au ministère pour les réformes actuelles et, espérons le, pour toutes celles à venir dans notre discipline.
                          Ce groupe a été suivi, successivement par Marc LIVET, Michelle LIVET, Michèle GIRAUD, Michèle TORTONESE .
                                                                                                                                                                                                            Février 2004